La traversée de la rade
Un milliard pour un cauchemar

Supplément au Bulletin Vert N°2 *Avril 1996*
Argumentaire des Verts

Votation du 9 juin 1996 NON au tunnel, NON au pont

L’Etat n’a pas les moyens de tout faire

La construction de la traversée de la rade impliquerait de très importants sacrifices en ce qui concerne l’extension du réseau des TPG et dans les domaines de la santé, du travail social et de l’éducation.

En matière d’investissement, le budget net de l’Etat est limité à 250 millions par année. Ce budget est utilisé pour tout ce que l’Etat construit et rénove (bâtiments scolaires et universitaires, réseau routier, rails TPG, hôpitaux, stations d’incinération et d’épuration, etc.).

L’ouvrage rive à rive, qui serait entièrement financé par l’augmentation de l’impôt-auto, ne grèverait donc pas le budget d’investissement ordinaire. En revanche, le raccordement de Frontenex demanderait pendant 5-6 ans un prélèvement annuel de 50 millions sur le budget d’investissement ordinaire. Une telle ponction financière demanderait inévitablement des sacrifices.

En même temps que la demande d’une traversée de la rade, la population a voté, avec une majorité de 79 %, un plan de développement des transports publics. D’après cette loi, l’Etat doit réaliser l’extension du réseau des TPG jusqu’en 2005 ; cette extension coûte environ 70 millions par année. En y ajoutant les 50 millions pour le raccordement de Frontenex, l’Etat consacrerait ainsi la moitié (120 millions) du budget d’investissement à des ouvrages de transports, ce qui est évidemment impossible pour une gestion saine et équilibrée des investissements publics. La construction de la traversée de la rade signifierait donc l’abandon de l’extension du réseau des TPG.

La traversée de la rade empêcherait cependant non seulement l’extension du réseau des TPG, mais elle impliquerait également d’importants sacrifices en ce qui concerne les investissements dans les secteurs de la santé (maternité, rénovation du bâtiment des lits, soins à domicile etc.) et de l’éducation (bâtiments universitaires et scolaires à rénover).

Pour le budget de fonctionnement de l’Etat, la situation n’est guère plus réjouissante. Seule la moitié des frais de fonctionnement de la traversée de la rade serait directement financée par l’augmentation de l’impôt-auto et/ou le péage. En effet, 25 millions, à savoir les frais d’amortissement du raccordement de Frontenex et les frais d’exploitation de la traversée de la rade, devraient être payés par le budget de fonctionnement courant de l’Etat. En matière d’emploi, ces 25 millions constituent l’équivalent de 250 postes de travail. Un tel prélèvement impliquerait donc de nouveaux sacrifices dans les secteurs de la santé, du travail social et de l’éducation.

Et l’emploi ?

La traversée de la rade ne créerait pas plus d’emplois que l’extension du réseau des TPG.

Il est indéniable que l’injection d’un milliard de francs pour la construction de la traversée de la rade permettrait de maintenir momentanément des places de travail dans le secteur du gros-oeuvre du bâtiment. En effet, celui-ci se trouvera à partir de l’année prochaine dans une situation extrêmement difficile avec la fin des chantiers de l’autoroute de contournement de Plan-les-Ouates et de ceux des Charmilles. Mais dans cinq ans, on se retrouverait dans la même situation.

L’injection de cette somme dans l’extension du réseau des transports publics permettra tout autant de maintenir les places de travail du bâtiment que la construction d’une traversée de la rade.

Enfin, rappelons que l’extension du réseau des transports publics permettra aux TPG d’engager du personnel et de créer ainsi des emplois durables.


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