Le vote de 1988 était seulement un vote de principe, un vote d’entrée en matière demandant au Grand Conseil l’étude d’un projet précis. Un projet concret pour que la population puisse se prononcer, dans un deuxième temps, en connaissance de cause. Il est donc parfaitement concevable d’avoir voté «oui» en 1988 pour voir ce que donnerait un projet élaboré, et de voter «non» en 1996 face à un projet précis. Selon l’initiative, la traversée de la rade devait répondre à trois objectifs : respecter un périmètre, diminuer la circulation sur les quais et garantir une participation financière de la Ville et de la Confédération. En ce qui concerne le périmètre, seul le projet du tunnel y répond ; le pont se situe clairement en dehors du périmètre. L’aspect le plus grave est cependant le fait que ni le pont ni le tunnel seuls, à savoir sans le raccordement de Frontenex et les mesures d’accompagnement, ne permettent de diminuer la circulation sur les quais. Enfin, en matière de financement, ni la Confédération, ni la Ville de Genève n’y participent. Les deux projets de lois soumis en votation ne constituent donc pas une concrétisation honnête de l’initiative votée en 1988.
Enfin, en 8 ans beaucoup de choses ont changé : la crise budgétaire dans laquelle se trouve actuellement l’Etat de Genève, l’apparition d’un chômage structurel et durable comme dans les autres régions européennes, l’installation d’une société à deux vitesses, etc. Ces changements importants nous obligent à faire des choix et à abandonner des projets qui semblaient encore possibles dans les années 1980.
Que demandait l'initiative populaire de 1988:
Les électeurs et électrices demandent au Grand Conseil d’adopter une loi ouvrant un crédit pour la réalisation d’une traversée de la rade, répondant aux objectifs et critères suivants:
La votation du 12 juin 1988: