La traversée de la rade seule, sans le raccordement de Frontenex et sans les mesures d’accompagnement, n’aurait que des effets très limités en matière de circulation. En effet, la circulation journalière sur le pont du Mont-Blanc passerait de 90'000 à seulement 75'000 - 80'000 voitures, et dans l’ensemble de l’hypercentre elle ne diminuerait que de 2 % (rapport Dériaz).
En revanche, avec le raccordement de Frontenex et les mesures d’accompagnement, on assisterait certainement à une diminution de la circulation dans l’hypercentre. Cependant, en y regardant de plus près, on constate qu’il s’agit simplement d’un déplacement de la circulation et des bouchons du centre sur la moyenne ceinture, à savoir dans les quartiers de la Gradelle, de Malagnou, de Champel, de Carouge, du Grand-Lancy, du haut de la Servette, de Sécheron et surtout des Eaux-Vives et des Pâquis (rapport d’évaluation des études d’impact, Office cantonal de la circulation).
Ainsi, la circulation augmenterait :
| avenue Wendt | +28% |
| route de Chancy | +10% |
| route de St-Julien | +31% |
| route de Vessy | +35% |
| avenue Louis Aubert | +33% |
| route de Malagnou | +30% |
Aux endroits suivants, la circulation augmenterait même jusqu’à 50% :
Enfin, selon les études d’impact élaborées par les entreprises de construction elles-mêmes, on assisterait sur la moyenne ceinture à un tel dépassement de la capacité des carrefours, que ces entreprises préconisent, avant la construction d’une traversée de la rade, l’extension du réseau des transports publics, y compris la construction du métro léger (étude d’impact du tunnel, page 30).
Rappelons aussi que tout nouvel ouvrage routier va de pair avec une augmentation de la circulation. Il n’est donc pas surprenant que les projections en matière de circulation globale dans le canton - et cela en contradiction avec les chiffres avancés dans l’étude «Circulation 2000» et dans le «Plan OPair» - prévoient une nette augmentation du trafic motorisé privé. De telles hypothèses sont évidemment en flagrante contradiction avec les ordonnances fédérales contre la pollution de l’air et contre le bruit. Il est consternant de constater le peu d’intérêt que le gouvernement cantonal manifeste à ce que Genève devienne la capitale de l’environnement en actes et pas seulement en paroles.