La traversée de la rade
Un milliard pour un cauchemar

Supplément au Bulletin Vert N°2 *Avril 1996*
Argumentaire des Verts

Votation du 9 juin 1996 NON au tunnel, NON au pont

Urbanisme et environnement
des conséquences dramatiques

Le pont couperait l’horizon vers le large, le tunnel amènerait une autoroute aux Pâquis. Dans les deux cas, le raccordement de Frontenex provoquerait une urbanisation non contrôlée.

Pourrait-on imaginer un seul instant que les habitants de Zermatt construisent un téléphérique pour monter au Cervin ? C’est pourtant à la destruction d’un des plus beaux sites du monde que le pont conduit . En effet, les mâts de ce pont seraient d’une hauteur comparable à celle du jet d’eau et les haubans, en raison de la courbure du pont, le transformeraient en une barre opaque. Monsieur Joye lui-même a par ailleurs dû reconnaître la justesse des photomontages, particulièrement en ce qui concerne les vues depuis les rivages du lac.

D’autre part, le pont nous enlèverait la vue sur le lac qui constitue la seule échappée visuelle depuis Genève, une ville encastrée entre le Jura et le Salève.

Le tunnel en tant que tel serait évidemment moins visible, à l’exception des tranchées d’accès et de la cheminée d’aération. En revanche, le désastre serait tout aussi grand car il amènerait une autoroute au centre de la ville, plus particulièrement aux Pâquis, un quartier déjà sinistré par les nuisances produites par la circulation. En plus, les différents scénarios de circulation montrent que la circulation aurait tendance à augmenter dans ce quartier, même avec les mesures d’accompagnement.

Enfin, en ce qui concerne le raccordement de Frontenex, nous assisterions inévitablement à une extension du tissu urbain avec une importante densification sur le Plateau de Frontenex et dans la région de Grange-Canal. Nous ne possédons même pas un embryon de plan directeur de cette région, il n’est donc pas possible d’avoir une discussion sérieuse et documentée à ce sujet. Une fois de plus, l’Etat «met la charrue devant les boeufs». Au lieu de définir, dans un premier temps, un projet urbanistique dans lequel les infrastructures routières pourraient s’insérer par la suite, on envisage de construire une traversée de la rade en repoussant à plus tard les réflexions urbanistiques.

Un chantier gigantesque dans la ville

Pendant la période du chantier du tunnel, les habitants des Pâquis et de Sécheron auraient le «plaisir» d’avoir l’équivalent du chantier de l’autoroute de contournement de Plan-les-Ouates chez eux et cela pendant 5 ans. Insistons aussi sur le fait que la construction aussi bien du tunnel que du pont signifierait la présence de 150 camions sur les deux rives qui feraient chaque jour plusieurs milliers de trajets vers les gares de Sécheron et des Eaux-Vives pour y décharger le matériel d’excavation.

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