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Mercredi 25 juin 1997
LOI SUR L'ASILE
Pour que l'histoire garde la trace d'un vote important...
Lors des débats sur la loi sur l'asile, le Conseil fédéral a défendu son projet en courtisant l'extrême droite, laquelle aurait pu faire échouer la révision.
Les travaux parlementaires autour de la révision de la loi sur l'asile ont déjà pris une année. De nombreuses discussions en commission ont débouché sur 180 propositions d'amendements qui ont nécessité une quinzaine d'heures de débat et de votes partiels en séance plénière du Conseil national. Mardi 17 juin, un peu avant midi, le vote d'ensemble a eu lieu à la chambre du peuple laissant apparaître une majorité de 73 pour, 60 contre, 17 abstentions et 50 absents, excusés ou non.
Le projet de loi, tel qu'il est ressorti de ces votes, va maintenant passer au Conseil des Etats, puis faire la navette afin d'aplanir les éventuelles divergences entre les deux chambres. En fin de parcours, la publication de la future loi sur l'asile dans la Feuille fédérale ouvrira le délai référendaire.
Le vote d'ensemble des conseillers nationaux marque une étape importante lors de laquelle chacun a dû choisir son camp en faisant abstraction de toutes les nuances apportées par les uns et les autres durant les débats. Les "Justes" actuels, continuant la tradition des sauveteurs de réfugiés comme Grüninger durant la Seconde Guerre, sont ainsi clairement apparus. Contre tous les autres poursuivant de fait la voie des fossoyeurs de l'humanité, activement en votant "oui", mollement en s'abstenant ou fuyant leur responsabilité en n'étant pas là.
Dans un souci de transparence, nous livrons ci-dessous le résultat complet du vote d'ensemble, tel que la Chancellerie fédérale l'a enregistré.
On peut remarquer que si les groupes démo-chrétien et radical ont voté dans la discipline et ont formé le bataillon des "oui", les partis d'extrême droite (Parti de la liberté et Union démocratique du centre) se sont tactiquement répartis entre les "oui", les "non" et les abstentions, annulant de fait leurs votes. Ainsi, tout en refusant cette loi dans le but de la durcir encore, ils ne renforçaient pas le camp des opposants formés par les groupes socialiste et écologiste.
Comme le remarque Nils de Dardel, l'un des plus farouches opposants à cette loi, elle est passée alors qu'elle rencontre de fait une majorité d'adversaires qui la refusent pour des raisons opposées. Avant d'ajouter que dans cette configuration, le Conseil fédéral a malheureusement choisi de faire les yeux doux à l'extrême-droite...
MICHEL SCHWERI
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