Mercredi 21 Mai 1997
LETTRE OUVERTE
SOS-asile s'inquiète du renvoi de Zaïrois
dans leur pays
Les défenseurs du droit d'asile objectent
l'analyse de la situation au Zaïre faite par l'Office fédéral
des réfugiés.
"Exception faite de certaines régions
du pays, en particulier les provinces du Haut-Zaïre, du Kivu
et du Shaba contrôlées par Laurent Désiré
Kabila, le pays dans son ensemble n'est pas le théâtre
de guerre, de guerre civile ou de violences généralisées."
C'est l'Office fédéral des réfugiés
(ODR) qui écrit ce genre de choses, le 16 avril 1997, pour
justifier des décisions négatives en matière
d'asile. L'Office reconnaît que "la situation actuelle
est certes caractérisée par des poussées
de violences sporadiques ainsi que par une conjoncture économique
désastreuse et chaotique", mais cela n'empêche
pas les fonctionnaires fédéraux de considérer
que le renvoi des requérants d'asile déboutés
est "raisonnablement exigible" car "la situation
de violence n'est pas, en l'état, généralisée
sur les plans géographique et temporel".
Ces décisions négatives frappant des
ressortissants du Zaïre sont dénoncées par
SOS-Asile dans une lettre du 13 mai adressée au Conseiller
fédéral chargé du Département de justice
et police, Arnold Koller. Dans cette missive, les défenseurs
du droit d'asile s'étonnent de l'écart entre l'analyse
de la situation du pays développée par l'ODR et
celle rapportées par les médias et les observateurs
internationaux. "Toutes les informations en notre possession
nous autorisent à admettre que le Zaïre connaît
effectivement une grave situation de guerre civile", juge
le mouvement, pour qui la prise de Kinshasa est même "imminente"1.
"Cette situation est reconnue comme suffisamment instable
pour que la prudence incite à reporter tout départ
vers le Zaïre", ajoute SOS-asile.
Les défenseurs du droit d'asile en concluent
que le renvoi des Zaïrois est actuellement "humainement
inexigible". Ils demandent en conséquence au Conseiller
fédéral de prendre les mesures nécessaires
pour faire cesser les refoulements en cours tant que des retours
dans la dignité ne sont pas garantis.
MICHEL SCHWERI
1 La lettre de SOS-asile Vaud est datée du
13 mai, soit trois jours avant que le président Mobutu
abandonne le pouvoir.
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