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Jeudi 22 Septembre 1994

SIGNATURES

Trois appels humanitaires sont proposés aux citoyens

Les échos du monde arrivent jusqu'en Suisse où les associations humanitaires relaient les souffrances endurées par les peuples en guerre.

"Il est beau de désobéir à des ordres criminels" a dit Anatole France. Sans penser qu'un jour sa maxime serait reprise pour soutenir les déserteurs venant des Balkans. Le comité "Action droit de demeure pour les objecteurs de guerre d'ex-Yougoslavie" coordonne pour la Suisse une initiative européenne qui vise à soutenir, accueillir et protéger les réfractaires aux armées de l'ancienne Yougoslavie.

"Ces réfractaires sont les ambassadeurs de la réconciliation et de la paix future. Ils représentent l'honneur de leur pays où il sont incompris, rejetés ou traqués comme traîtres par les criminels de guerre" mentionne l'appel. Celui-ci salue le Parlement européen qui a adopté une résolution appelant les Etats à reconnaître, accueillir et aider les déserteurs.

Dans ce sens, le comité suisse interpelle les autorités suisses pour qu'elles s'opposent à toute expulsion, qu'elles développent des projets de formation professionnelle pour les objecteurs de l'ex-Yougoslavie et qu'elles exercent les pressions nécessaires sur tous les gouvernements d'ex-Yougoslavie afin d'obtenir une amnistie générale pour tous les insoumis.

Le texte de l'appel est disponible à l'Action droit de demeure pour les objecteurs d'ex-Yougoslavie, case postale 5055, 3001 Berne, tél. 031/302 05 55.

DÉFENDRE LES TAMOULS

"Nous savons que presque tous les Tamouls retourneront volontiers dans leur pays dès que les circonstances le leur permettront", annonce une pétition de la "Plateforme contre l'expulsion des Tamouls" adressée au Conseil fédéral. Mais, continue-t-elle, la pratique des autorités fédérales suisses qui "consiste à fixer un délai de départ à des centaines et des centaines de personnes et à chercher à les forcer à un départ prétendument volontaire bafoue l'esprit, voire même le texte, de la convention sur le rapatriement conclue avec le Sri Lanka".

La guerre faisant toujours rage au Sri Lanka, peu de réfugiés pourront accepter d'être ainsi renvoyés dans leur pays actuellement. Les autres risquent de fuir la Suisse pour un autre pays d'Europe ou d'y rester clandestinement, relève encore le texte. Aussi les oeuvres d'entraide demandent au Conseil fédéral de renoncer au rapatriement des réfugiés tamouls et de suspendre les départs tant que la paix ne règnera pas au Sri Lanka. Elles souhaitent également que l'exécutif fédéral reçoive rapidement une délégation des Tamouls et que la Suisse déploie ses efforts diplomatiques et humanitaires sur une large échelle afin de trouver une solution au conflit qui déchire le Sri Lanka.

Le texte de cette pétition peut être obtenu auprès de Kirchliche Amter für Migrationsfragen, Speichergasse 26, 3011 Berne.

CONTRE LES CONTRAINTES

"Plus helvétique", le troisième appel à la solidarité est lancé par le Comité de Genève contre les mesures de contrainte. Cette loi adoptée par le parlement fédéral a été remise en cause par un référendum. Elle passera donc en votation le 4 décembre prochain. Si le peuple l'accepte, cette loi permettrait de détenir, sans motifs pénal, durant une année au total, des étrangers dont le seul "crime" serait d'être soupçonné de vouloir se soustraire à un refoulement. Cette disposition serait en outre applicable à des mineurs dès 15 ans.

Le texte de l'appel recense en quelques lignes les critiques formulées contre cette loi sur les mesures de contrainte et engage son signataire à voter contre elle le 4 décembre.

On peut obtenir le texte de l'appel au Comité contre les mesures de contrainte, case postale 1138, 1211 Genève 1.

MICHEL SCHWERI

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