Samedi 9 Novembre 1996
ÉGLISE SAINT-PAUL
Une fête pour boucler une belle histoire d'entraide
Un ancien requérant d'asile angolais vient
en aide à un village zaïrois.
Dimanche 10 novembre, les paroissiens de l'église
Saint-Paul, à Grange-Canal, vont retrouver Dindanda, un
ancien requérant d'asile angolais. Ils l'ont assisté,
voici huit ans, alors qu'il était menacé d'expulsion.
Un parcours peu ordinaire a mené Dindanda à devenir,
à son tour, un <bienfaiteur>.
En 1988, Dindanda, étudiant en médecine
à Luanda, fuit la capitale pour des raisons politiques
et réussit à gagner la Suisse. Désireux de
poursuivre ses études, il finance ses cours de maturité
du soir en vendant des spiritueux dans un grand magasin. Mais
il est menacé d'expulsion. Le groupe <Réfugiés>
de Saint-Paul décide de l'aider. De nombreux paroissiens
l'ont soutenu, avec succès, puisqu'un permis humanitaire
lui a finalement été attribué. Dindanda a
ensuite été accepté dans une école
spécialisée, grâce à un des membres
du groupe. Il a ainsi pu continuer ses études en bénéficiant
d'une bourse et a trouvé, une fois diplômé,
un travail.
Dindanda a toujours été conscient de
sa chance, d'autant que, durant cette période, plusieurs
Angolais ont dû prendre le chemin du retour. Constamment
en contact avec la paroisse, il est souvent intervenu, en tant
que conseiller, lorsqu'il était question de demande d'asile.
Mais il ne pouvait oublier les difficultés
de ses compatriotes restés au pays. Dindanda leur est plusieurs
fois venu en aide depuis son pays d'adoption. Il a, par exemple,
rempli un camion d'articles inutilisés ici et indispensables
là-bas pour les habitants de son village d'origine. Grâce
au véhicule laissé sur place, certains ont même
pu se procurer du travail.
HÔPITAL DÉLABRÉ
Plus récemment, Dindanda a rendu visite à
ses parents, réfugiés au Zaïre. Aidée
par une famille qui combat la misère zaïroise, sa
mère est rapidement devenue propriétaire d'une petite
affaire. A la grande surprise de son fils. Dindanda noue alors,
sur place, des contacts avec des personnes qui luttent contre
le dénuement.
Aux alentours du village d'accueil de ses parents,
on lui signale notamment un vieil hôpital en piteux état.
Un seul médecin dessert toute la région, qui s'étend
sur 2000 kilomètres environ. Faute de soins, de médicaments,
la mortalité est très élevée. Face
à cette situation alarmante, une association s'est formée.
Elle compte un architecte et des artisans motivés à
reconstruire le bâtiment délabré. Cependant,
le manque de moyens se fait cruellement sentir et l'achat de l'équipement
nécessaire à cette réfection est compromis.
De retour en Suisse, Dindanda crée la branche
helvétique de l'Association Luzingu, Oeuvre d'assistance
médico-sanitaire et sociale. Et c'est précisément
pour financer la réhabilitation du dispensaire Gombe-Matadi
au Zaïre que le Groupe Saint-Paul-Tiers monde et l'Association
Luzingu organisent une fête africaine ce dimanche, jour
des retrouvailles entre les paroissiens et Dindanda. La boucle
est bouclée. FABIENNE EXTERMANN
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