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Samedi 27 Juillet 1996

RÉFUGIÉS

Les Angolais sont menacés de renvoi

A peine les Albanais avaient-ils reçu un nouveau sursis à l'exécution de leur renvoi, début juillet, que l'Office fédéral des réfugiés (ODR) s'attelait à celui des Angolais. C'est ainsi qu'à partir du 11 juillet, l'ODR a écrit à bon nombre d'Angolais au bénéfice d'une admission provisoire (permis F) pour leur signifier son intention de lever ladite admission et procéder à leur renvoi. S'appuyant sur les accords de Lusaka du 20 novembre 1994 et sur la rencontre du 6 mai 1996 entre le président angolais José Eduardo Dos Santos et le leader de l'opposition armée -l'UNITA- Jonas Savimbi, l'ODR estime que l'Angola <s'est engagé sur la voie d'une lente mais progressive stabilisation qui s'est confirmée jusqu'ici>. Se référant au Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR), l'Office fédéral conclut par le constat <qu'il n'existe plus, en Angola, de climat de violence généralisée>, de telle sorte que les renvois sont dorénavant possibles. Comme il s'agit de respecter le droit d'être entendu, l'ODR offre aux intéressés la possibilité de se prononcer par écrit sur d'éventuelles objections qu'ils auraient à formuler à l'encontre de leur retour. Les Angolais, qui ont déjà fait usage de cette faculté, ont toutefois constaté que cela ne changeait en rien le point de vue de l'autorité fédérale et que des décisions formelles de renvoi étaient prises à la suite de cet échange épistolaire.

PROTESTATION

L'Association des Angolais en Suisse a une toute autre appréciation de la réalité interne qui prévaut en Angola actuellement. Pour elle, les accords de Lusaka sont restés à l'état de papier, tout comme ceux signés par le HCR et le gouvernement de Luanda, le 14 juin 95, prévoyant le retour des Angolais exilés dans les pays africains limitrophes. Sans parler des problèmes économiques, le pays est loin d'être pacifié. Des centaines de milliers de mines anti-personnelles interdisent toujours l'accès à certaines régions et l'insécurité règne partout, y compris dans la capitale. Les mercenaires qui auraient dû quitter le pays y sont toujours et des milliers d'armes sont encore en mains de civils non contrôlés des deux bords. Par ailleurs, les libertés fondamentales ne sont pas réellement rétablies et les partis d'opposition sont soigneusement tenus à l'écart des médias et de la vie publique. Dans ces conditions, l'Association juge plus que prématurée la levée de l'admission provisoire et le fera savoir lors d'une manifestation devant le Palais fédéral le 9 août.

BCT

Rens.: Association des Angolais en Suisse case postale 6317, 1211 Genève 6



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