TRAVAIL
Les patrons genevois soutiennent le partenariat et la loi sur le travail
Les employeurs veulent préserver la concertation sociale, tout en demandant un peu plus de compréhension aux syndicats pour soutenir les entreprises malmenées par la concurrence.
Les patrons du bout du lac se sentent à l'aise pour préconiser le maintien du partenariat social. Au lendemain des propos fracassants tenus à fin juin par Guido Richterich, de l'Union patronale suisse, les employeurs genevois rencontraient en effet les syndicats. Et pas pour la façade. Au niveau local, les relations entre associations patronales et syndicales ne sont certes pas au beau fixe, mais elles existent -voire se renforcent- et fonctionnent même bien, se plaît à relever Blaise Matthey, secrétaire de l'Union des associations patronales genevoises (UAPG).
Pour Jean-Louis Mévaux, de la Fédération patronale genevoise du textile et de l'habillement, la négociation de conventions collectives de travail ne touche qu'environ 50% des travailleurs et n'est qu'une forme du partenariat social. Les discussions dans les organismes bi- ou tripartites la complète et concernent, elles, toute la population active.
L'INTÉRÊT DES ENTREPRISES
Quittant rapidement les déclarations générales, M. Mévaux relève aussi les limites de la concertation appliquée jusqu'ici. "Le manque de flexibilité des conventions collectives représente la principale contrainte", déclare-t-il en citant l'exemple de l'indexation automatique des salaires, finalement abandonnée. Et de tracer une nouvelle ligne de conduite qui ne vise plus à défendre "de manière quasi exclusive les membres des associations, mais à prendre en compte les intérêts de l'entreprise, employeurs et travailleurs confondus".
D'ailleurs, si les syndicats ne reconnaissent pas les "exigences de la concurrence" lors des négociations des conventions collectives, ces dernières pourraient aussi représenter une "entrave", avertit M. Mévaux. Il avoue que certains employeurs -issus des "jeunes générations"- voient les concessions patronales dans les conventions comme des "obstacles anachroniques". Et d'appeler les syndicats à faire preuve de réalisme, de pragmatisme et surtout de compréhension envers les employeurs pour adapter les conventions collectives aux "conditions souvent draconiennes qu'impose la conjoncture aux entreprises".
"MODIFICATIONS MINEURES"
C'est certainement au nom des mêmes valeurs que les employeurs se prononcent sans réserve en faveur de la loi sur le travail qui passera devant le peuple le 1er décembre. Pour Blaise Matthey, les "modifications mineures" de la révision partielle de la loi supprimeront quelques contraintes administratives. Ainsi, les patrons insistent sur le fait que le travail de nuit et du dimanche restera en principe interdit, mais que l'activité du soir sera facilitée, simplifiant le recours au travail en deux équipes. Même chose pour les heures supplémentaires qui ne requerront plus d'autorisation mais dont le nombre maximal ne sera pas augmenté.
Les suppléments salariaux pour le travail occasionnel de nuit ne seront pas non plus éliminés, selon Blaise Matthey, alors que les conditions du travail nocturne régulier sont d'ores et déjà discutées et incluses dans le salaire de base. Les fameux six dimanches sont également quantité négligeable pour le secrétaire patronal puisque cela ne concerne que 10% des dimanches et jours fériés annuels dans le commerce de détail.
Il se réjouit enfin que le consentement du travailleur concerné par ces horaires irréguliers doive être requis. Et que, pour les travailleurs nocturnes, des mesures de protection sur les plans de la santé, de l'alimentation ou des transports s'appliqueront à tous, hommes et femmes, constituant ainsi un pas vers l'égalité entre les sexes dans l'industrie.
MICHEL SCHWERI