POLITIQUE
Le PS décide de laisser la liberté de vote sur le génie génétique
Les socialistes réunis en congrès ont décidé de ne pas donner de mots d'ordre en vue de la votation du 7 juin.
Le premier congrès de l'après-retour au pouvoir du parti socialiste genevois (PSG). Et tout s'est bien passé. "La qualité d'écoute a été très bonne", selon Christian Brunier, président des roses.
Outre les décisions statutaires propres à tout congrès, les roses avaient à se prononcer sur l'initiative contre le génie génétique sur laquelle le souverain suisse votera le 7 juin prochain. Un débat contradictoire a vu la députée Véronique Pürro affronter le conseiller municipal Daniel Pilly.
"Leurs positions respectives reflétaient bien les deux tendances que l'on retrouve dans notre parti sur ce sujet", résume M.Brunier. "La première est pour l'initiative en admettant que certains points sont problématiques, tandis que le second est plutôt contre en concédant qu'elle pose de bonnes questions."
De fait, lors du vote, par quelque 80 voix contre 60, le PSG a décidé de laisser la liberté de vote sur cet objet. Ceci alors qu'au niveau national le comité central du parti a décidé de soutenir l'initiative. "Mais il faut tenir compte du fait que ce vote est intervenu dans un contexte très particulier", explique le président des socialistes genevois. "Le PSS avait proposé un contre-projet à l'initiative sur le génie génétique; un texte qui mettait de garde-fous en ce qui concerne les garanties à apporter dans le domaine de l'alimentation, mais qui était moins restrictif par rapport à la recherche." Or ce contre-projet a été massivement balayé par les Chambres fédéral
es. Le vote du PSS aurait donc aussi été une manière de réagir face à cette non-entrée en matière.
ACTION MONDIALE DES PEUPLES
Signalons ensuite que les militants ont voté deux résolutions. La première est un vote de défiance à l'égard de l'accord multilatéral sur les investissements (AMI). Lors de la tenue à Genève de la première réunion de l'Action mondiale des peuples (AMP) -qui vise à construire une résistance contre la dérégulation menée tambour battant sous la houlette de l'Organisation mondiale du commerce-, le PSG avait été approché pour soutenir l'appel de ces militants. Or plusieurs éléments du texte approuvé par l'assemblée de l'AMP posaient problèmes aux yeux du parti. Notamment la vision très critique que l'AMP porte sur le rôle joué par l'Union européenne. D'où le choix d'un soutien critique à l'AMP. Oui au débat qui doit être mené sur cette dynamique de la mondialisation, mais sans forcement adhérer à toutes les revendications du mouvement.
Une seconde résolution a condamné l'impunité dont bénéficient les bourreaux du Chili.
PRÉSIDENT RECONDUIT
Deuxième point fort du congrès: le renouvellement des instances dirigeantes. Le président du parti, Christian Brunier, a été reconduit dans ses fonctions par 150 voix sur 161 bulletins. La première vice-présidence est allée à François Thion. Catherine Metford sera vice-présidente chargée de la coordination des commissions et Alexandre
Madriagli coordonnera les sections (1).
Enfin, signalons que le choix a été fait de baisser quelque peu les cotisations des militants. Celles-ci sont jugées rédhibitoires et freinant l'adhésion des nouveaux membres.
Philippe Bach
(1) Le trésorier du parti sera René Gossauer et la responsable de la presse Karine Grobet-Thorens. Jean-Charles Rielle présidera la commission permanente de coordination et Alberto Velasco a été reconduit dans sa fonction de délégué permanent au comité central. Le comité directeur du parti sera composé des personnes suivantes: Laurence Fehlmann-Rielle, Fabienne Blanc-Kuhn, André Bretton, Christiane Burnand, Alain Charbonier, Thierry Charollais, Dominique Hausser, Montserrat Olmos, Jacques Robert, Albert Rodrik, Robert Zimmermann et Carlo Sommaruga.