POLITIQUE GENEVOISE
Refus radical à l'initiative sur le génie génétique
Les délégués du Parti radical ont voté jeudi soir à la quasi unanimité contre l'Initiative pour la protection génétique.
130 voix contre 3 non et 7 abstentions, les délégués du Parti radical genevois ont décidé jeudi soir de refuser l'Initiative pour la protection génétique qui sera soumise au Souverain dans quelques mois. Une décision quasi-unanime prise au terme d'un débat contradictoire opposant partisans et détracteurs de cette modification constitutionnelle proposée par les associations vertes.
Comme l'a relevé Philippe de Rougemont, de Greenpeace, ce sont quelques soixante groupements actifs dans le domaine de la protection de l'environnement qui prévoient ainsi de mieux cadrer cette technologie qui évolue pour l'heure en roue libre. Egalement en faveur de ce texte, la pharmacienne Elisabetta Riatsch-Dami. L'occasion pour ces initiants de plaider pour un devoir de prudence face à une technologie intrinsèquement porteuse de risques de pollution écologique. Que se passera-t-il lorsque certains gènes ajoutés à des plantes migreront vers d'autres plantes? On sait que le colza est proche de la luzerne et qu'ils peuvent se féconder mutuellement. Philippe de Rougemont a également évoqué le cas d'une expérience malheureuse: on a incorporé un gène humain de croissance à des porcs pour obtenir des bêtes plus grosses. Résultat: ces dernières louchaient, boitaient et souffraient d'insuffisance rénale.
INTÉRETS MENACÉS
En face, on a entendu les voix de Dominique Belli, ancien député et surtout médecin, Laurent Roux, maître d'enseignement et de recherche à la faculté de médecine et Dominique Colombo, secrétaire générale des radicaux. Pour eux, les garde-fous déjà existants sont suffisants. De plus, dans le cadre d'une motion dite "Gen-lex", le Conseil fédéral a mis en route toute une série de réformes législatives qui permettront d'incorporer dans le droit suisse -loi sur l'environnement, loi sur l'agriculture, etc.- les problèmes soulevés par cette révolution technologique.
En revanche, ont-ils affirmé, l'acceptation de l'initiative, isolerait la Suisse, bloquerait la recherche médicale, mais n'empêcherait nullement l'importation de médicaments ou d'aliments génétiquement modifiés. Des arguments qui ont convaincu les délégués radicaux qui ont massivement refusé l'initiative pour la protection génétique.
Le Parti radical a encore:
décidé à l'unanimité de soutenir le référendum lancé par la Chambre genevoise immobilière contre la réintroduction de la taxation des gains immobiliers après vingt-cinq ans de possession. Le député et conseiller national John Dupraz a tenté de faire voter un amendement pour une solution de compromis. Actuellement le taux de taxation est de 18%. Si le référendum est accepté, il tombera à 0%. Or, a estimé le radical, il est normal de taxer un gain. Il a donc plaidé pour que le parti s'engage à déposer un projet de loi prévoyant un taux à 10%. Il n'a pas été suivi. Mais, au terme des débats, avec le ton direct qui fait tout son charme, il nous a annoncé que, quoi il en soit, "je m'engage à titre individuel à déposer une telle loi".
entendu le conseiller national Peter Tschopp expliquer pourquoi il soutient la candidature au Conseil fédéral de David de Pury. En jetant ce pavé dans la mare, comme il l'a expliqué, il a souhaité ouvrir un débat sur les projets politiques des candidats. Avec en arrière-plan, une méfiance à l'égard de Pascal Couchepin qui serait réfractaire sur le dossier européen. Reste que les radicaux genevois estiment ne pas avoir à intervenir dans le débat sur la succession de M.Delamuraz.
Philippe Bach