GÉNIE GÉNÉTIQUE
"Votez pour l'initiative!"
La date sur la votation sur l'initiative pour l'interdiction du génie génétique n'a pas encore été fixée et pourtant de formidables moyens sont déjà déployés pour en faire valoir les dangers, à coup d'annonces payantes dans la presse, des pharmacies participent à cette campagne et même un Prix Nobel scientifique a été mobilisé. Voici un lobby bien inquiet! Un de leurs arguments de poids veut nous faire croire que l'acceptation de l'initiative signifierait la fin des espoirs de développement de la médecine et donc de guérison pour de nombreux malades.
Cet argument est doublement fallacieux. D'abord parce que le domaine le plus développé de la technologie génétique est celui de l'agriculture et non de la médecine, donc il n'y a pas de quoi nous arracher des larmes de crocodile. L'acceptation de l'initiative entraînerait surtout la perte de gains faramineux pour certains!
Plus précisément, en ce qui concerne la médecine, le génie génétique ne fait progresser qu'une partie limitée de la médecine, focalisée sur la perfection de l'organe ou son remplacement, sur l'éradication des maladies que l'on a essayé de guérir pendant tant d'années, en bricolant les gènes.
Pour reprendre l'exemple du cancer du sein, repris dans diverses annonces, on sait que les chercheurs travaillent sur le gène de cette maladie. On sait également que le pourcentage des cancers du sein d'origine génétique est très faible. A ces personnes prédisposées, on propose simplement une ablation bilatérales des seins et une ablation des ovaires! Voilà un grand progrès. Et toutes les autres? Oublie-t-on qu'un organe fait partie d'une globalité? Quid des prises d'hormones trop prolongées, des prises inconscientes (par l'alimentation, l'eau), des rayonnements néfastes et des autres facteurs environnementaux?
Quant à l'espoir pour l'agriculture, comme celui, louable, de nourrir toute la planète, il fait frémir quand on connaît l'échec qu'à déjà été la "révolution verte", où des semences ont été vendues dans le tiers monde par des multinationales entraînant par la suite l'obligation d'employer des pesticides et des engrais de ces mêmes multinationales. Bonjour la dépendance! Les paysans du tiers monde ont tout intérêt à conserver et à valoriser leurs variétés de semences adaptées à leur climat et conditions.
De plus la manipulation des aliments est déjà allée trop loin. Des légumes gonflés, cultivés hors terre..., qui non seulement n'ont plus de goût, mais, pire que cela, ne sont plus capables de nous donner les éléments essentiels dont nous avons besoin, en particulier pour le bon fonctionnement du système immunitaire. Il n'y a jamais eu autant d'allergies, de maladies nouvelles impliquant le système immunitaire comme le sida et les maladies auto-immunes. Veut-on s'éloigner d'avantage des aliments naturels? Un exemple simple: l'ail. Connu pour ses nombreuses vertus, l'ail n'a jamais causé d'allergie. L'ail "nouveau" ne pourrit peut être pas, mais il provoque des allergies et qua
nt à ses propriétés médicinales...
On a déjà vu avec le scandale des vaches folles que les producteurs sont capable de mettre leurs intérêts financiers avant celui des populations, même s'il s'agit de liquider des stocks dangereux pour la santé. Les médecins n'ont d'ailleurs pas fait beaucoup mieux avec le sang contaminé. Les Suisses ont manifestés leur refus du soya transgénique et voilà que les grandes surfaces nous annoncent ne pas pouvoir garantir l'absence de soya transgénique dans les produits préparés. Par l'intermédiaire de l'OMC, les Américains nous imposent leurs viandes aux hormones et ils veulent encore nous imposer leurs aliments transgéniques résistants à leurs pesticides (voir le Courrier International n°362).
Alors, si l'on ne veut pas ne pouvoir compter que sur les réseaux bio autonomes (Cocagne, Radevil,..), il faut voter pour l'initiative.
Rina Nissim