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Pétition
"POUR LA SÉCURITÉ DES CYCLISTES À GENÈVE"
Le
texte de la pétition (1327) pour la sécurité des cyclistes
à Genève
P 1327-A
Rapport
de la Commission des pétitions chargée d'étudier
la pétition pour
la sécurité des cyclistes à Genève
Rapporteure : Mme Caroline Dallèves-Romaneschi
Mesdames et
Messieurs les députés,
La Commission des
pétitions a traité cet objet lors de trois séances,
les 4 et 18 décembre 2000 et le 8 janvier 2001, sous la présidence
de M. Hubert Dethurens. M me Pauline Schaefer a pris les notes de séance
avec sa compétence habituelle, qu’elle en soit vivement remerciée.
Audition des
pétitionnaires, MM. Jean-Paul Cattin, Roger Deneys et
Christoph Meier, ASPIC.
M. Deneys précise que l’ASPIC n’a pas voulu présenter
une liste exhaustive des lieux dangereux pour les cyclistes. Qu’il suffise
de savoir que, suite à un questionnaire envoyé cet été
aux usagers, on a pu dresser une énumération tenant sur
dix pages à ce sujet. M. Deneys rapporte, pour information, que
ce sondage a suscité 170 réponses. Ce soir, enchaîne
M. Deneys, l’ASPIC a choisi de présenter ses réclamations
en trois points jugés essentiels. Tout un chacun s’accorde
à dire que le vélo constitue un moyen tout à fait
adapté au milieu urbain. Il ne prend que peu de place, ne pollue
pas et est bon pour la santé. Dans ce contexte, il est donc parfaitement
bienvenu deconstruire des aménagements qui répondent aux
besoins des cyclistes. Or, le problème réside dans le
fait qu’ils ne sont malheureusement pas respectés par les autres
usagers. Premièrement, M. Deneys évoque la continuité
des itinéraires. Quand bien même les demandes de réalisation
d’aménagements sont à la charge des communes, il n’empêche
que l’Office des transports et de la circulation (OTC) doit y apporter
sa bénédiction. Pour M. Deneys, il est donc important
que l’OTC soit particulièrement attentif à la continuité
des itinéraires et que ceux-ci soient protégés
sur l’intégralité du parcours. Deuxièmement, M.
Deneys explique que l’ASPIC milite en faveur d’une généralisation
des mesures d’apaisement du trafic. Quand on quitte la Ville de
Genève, explique le pétitionnaire, et aux endroits où
il n’y a aucun aménagement cyclable, les vélos sont censés
rouler sur la chaussée. Or, comme les automobilistes roulent
trop vite, ils en sont réduits à circuler sur le trottoir.
C’est la raison pour laquelle M. Deneys préconise de faire diminuer
la vitesse des conducteurs sur les grands axes en dehors de la Ville
et de faire en sorte que le flux automobile soit contrôlé.
Troisièmement, M. Deneys en vient aux mesures de police
qui sont de la compétence du canton. A cet égard, l’enquête
de satisfaction montre à quel point les cyclistes sont choqués
du manque d’action de la police envers les infractions commises par
les automobilistes qui roulent sur les pistes et bandes cyclables. En
effet, 46 % des usagers jugent la situation très problématique
et 27 % la considèrent comme problématique. Sur la question
des bandes cyclables occupées par les voitures parquées,
le 93 % de la population interrogée estime que la situation est
problématique, voire très problématique. M. Deneys
rapporte qu’en ville, la police devrait intervenir lorsque les bandes
cyclables sont squattées par les automobilistes, mais il apparaît
qu’elle ne remplit pas sa mission. Lorsque les voitures stationnent
sur les aménagements destinés au vélo, précise
M. Deneys, les cyclistes sont contraints de se déporter sur la
chaussée. Dans les cas où lesdits aménagements
vont à contresens de la circulation automobile, quid de la responsabilité
en cas d’accident ? Sur ce point, M. Deneys révèle que
l’ASPIC a mené un sondage téléphonique auprès
de la gendarmerie, en lui signalant les occupations illicites des bandes
cyclables. Il appert que ses réactions sont pour le moins légères
et qu’elle n’adopte aucune mesure répressive à l’endroit
des contrevenants. De plus, la brigade du trafic n’intervient jamais
avant 08 h 00 du matin. Force est de constater, dans ces conditions,
que ce problèmeest jugé secondaire et qu’on accepte implicitement
que les automobilistes se garent sur les bandes cyclables. Il est donc
urgent de prendre des mesures strictes, quitte à aller jusqu’à
l’enlèvement des véhicules parqués illicitement.
M. Deneys estime qu’il n’est pas suffisant de prévoir des patrouilles
et de verbaliser les contrevenants. Au surplus, l’ASPIC souhaiterait
que la brigade du trafic soit active 24h sur 24. En sus, enchaîne
M. Deneys, on sait que les deux-roues à moteur empruntent souvent
les pistes cyclables pour remonter les files de voitures. Certes, concède
cet intervenant, cette habitude n’est pas catastrophique, mais elle
peut néanmoins mettre les cyclistes en difficulté.
Audition de M.
Patrick Schaub, TCS, section genevoise
M. Schaub indique que le TCS (Touring club suisse) milite en faveur
du libre choix du mode de transport. Dans ce contexte, il reconnaît
que le développement du réseau cycliste se déploie
en adéquation avec chacun des autres modes de transport. M. Schaub
affirme, en outre, que les cyclistes sont des partenaires au même
titre que les piétons dans les déplacements. Au plan de
la dangerosité, M. Schaub reconnaît que le vélo
constitue un mode de transport vulnérable. C’est la raison pour
laquelle on cherche à construire des aménagements qui
permettent d’éloigner les cyclistes au maximum du trafic. Au
titre d’illustration, il évoque les rues résidentielles
avec passage alternatif. A un moment donné, c’est la sécurité
qui l’emporte sur les comportements des cyclistes.
Toutefois, un certain nombre de pistes et de bandes cyclables ne sont
pas indispensables, l’expérience montrant que les cyclistes ne
les utilisent que rarement. Pour illustrer ses propos, M. Schaub cite
le boulevard Helvétique et déclare que le TCS n’aime pas
trop ce style d’aménagement. Alors que cet axe ne constitue pas
une priorité pour les cyclistes, le travail d’aménagement
à cet endroit a été relativement lourd. Il s’agit
de raisonner en termes de priorité ; par exemple, s’il est admis
que la piste cyclable de la route de Chancy est particulièrement
réussie, son taux de fréquentation n’est pas très
élevé. Poursuivant avec l’exemple de la rue des Deux-Ponts,
M Schaub juge impératif de se doter d’un aménagement cyclable
qui tienne la route et sépare clairement les voitures des vélos.
Et d’en profiter pour signaler que la continuité de la piste
cyclable qui arrive à la Jonction depuis l’Ecole de commerce
n’est pas garantie : sur ce point, M. Schaub affirme qu’il rejoint lapréoccupation
des pétitionnaires lorsqu’ils revendiquent la continuité
dans les aménagements. L’auditionné juge toutefois utile
de préciser que le TCS n’incite pas à la création
d’aménagements cyclables lorsqu’elle intervient au détriment
d’autres modes de transport. Cela étant, et s’appuyant sur la
formule adoptée rue de Lausanne, M. Schaub souligne que le TCS
n’est pas extrémiste dans sa vision des choses. Lorsque les circonstances
l’exigent, affirme-t-il, on se rallie même à l’idée
de réduire l’espace de circulation automobile ! En ce qui concerne
la prévention et l’information, M. Schaub voyait surtout l’utilité
d’éduquer les cyclistes à adopter un comportement qui
ne gêne pas les automobilistes. Cependant, confronté à
la dernière invite de la pétition : “ - de prévoir
chaque année, au printemps, une campagne d’information pour sensibiliser
les automobilistes et motocyclistes au danger qu’ils peuvent représenter
pour les cyclistes ” il admet qu’il trouve l’idée judicieuse
que “ d’informer les automobilistes et les motocyclistes des comportements
des cyclistes ”. Non sans insister, à cet égard, pour
rappeler que la sensibilisation doit s’effectuer dans les deux sens.
M. Schaub - qui en a parlé à son président - entrevoit
parfaitement que le TCS apporte son concours à ce type de campagne,
soit via les cours qu’il organise, soit au moyen de panneaux d’affichage,
soit encore par le truchement de sa revue. A cela s’ajouterait encore
une information divulguée par Internet, sachant que le TCS est
en train d’élaborer son propre site.
Audition de M.
Jean-Bernard Eggler, DAEL
M. Eggler signale qu’il va donner les grandes lignes du programme quadriennal
du Département (1999-2003). Comme il a été élaboré
en 1998, dans une période économique difficile, M. Eggler
souligne que ses ambitions restent relativement modestes. Au total,
résume l’intervenant, le montant des investissements pour la
période visée se monte à 10 millions F. M. Eggler
fait allusion, au surplus, à un crédit de construction
de 6 millions, réclamé au Grand Conseil et finalement
voté en 1999. Il précise que le solde a été
pris sur le budget ordinaire du DAEL. Le document dont M. Eggler parle
développe les aménagements que l’on prévoit de
réaliser. A cet égard, l’intervenant se réjouit
de constater que lepuzzle se complète petit à petit. En
définitive, le programme quadriennal s’entend comme un complément
à ce qui existe déjà. Au chapitre des critères,
M. Eggler précise que l’accessibilité aux établissements
scolaires pour sécuriser le trajet des jeunes constitue un élément
prioritaire. Dans ce contexte, on cherche à équiper au
mieux les axes les plus fréquentés. Il est clair que des
artères telles que la route de Vernier ou de Malagnou et Florissant
posent plus de problèmes que les chemins de campagne. Si ces
derniers sont plus faciles à équiper, M. Eggler note qu’ils
sont néanmoins moins empruntés que les axes principaux.
Fort de ce constat, l’ingénieur cantonal expose qu’un des critères
en vigueur consiste donc à se concentrer sur les grands axes.
En deuxième lieu, M. Eggler articule le principe de faisabilité.
Et de souligner que, pour ce qui a trait à l’acquisition des
terrains nécessaires à l’élaboration des aménagements
cyclables, les transactions peuvent parfois durer des années.
Le Département cible au premier chef les aménagements
dont il est certain qu’ils vont pouvoir se réaliser, ainsi que
les artères dont on sait qu’elles sont amenées à
subir des réfections ou des modifications non négligeables.
Il évoque ensuite le souci d’assurer une liaison entre les aménagements
déjà existants. Les députés demandent si,
en matière d’aménagements cyclables, le Département
estime qu’il arrive maintenant à un équilibre ou s’il
reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. M. Eggler répond
que cela dépend du chef du Département. Et de faire remarquer
que le plan existant a été mis en route par M. Laurent
Moutinot. Sous la houlette de M. Christian Grobet, M. Eggler rapporte
que les plans quinquennaux se sont succédé à une
cadence soutenue. Ensuite de quoi, on a observé une petite interruption…
L’intervenant explique que, sous M. Moutinot, il a été
rapidement requis d’élaborer un programme en matière d’aménagements
cyclables, crédits à l’appui, ce qui a été
fait. Certes, insiste M. Eggler, ledit programme est moins épais
que les précédents. La raison en est qu’il a été
mis sur pied très rapidement, afin de pouvoir le réaliser
dans les meilleurs délais. En d’autres termes, M. Eggler signale
que le DAEL pense que ce qui prévaut aujourd’hui est le minimum
que l’on puisse faire. Il n’est toutefois pas inutile de rappeler que
le fameux programme a été élaboré dans un
contexte difficile. En ce qui concerne l’entretien, l’ingénieur
cantonal relève que le DAEL a reçu passablement de doléances
de la part des cyclistes. Ses services ont donc établi un programme
systématique concernant l’entretien. Le programme de déneigement
est le plus élaboré. A cet égard, force est d’admettre
que la priorité allait d’abord au passage des voitures et des
transports publics, si bien que la situation des deux-roues n’était
pas enviable. Pour cette raison, enchaîne M. Eggler, le Département
a initié un programme ad hoc dès l’année passée.
Discussion et
vote
La discussion au sujet de cette pétition fut courte, la préoccupation
principale des commissaires rejoignant, bien entendu, celle des pétitionnaires,
à savoir d’assurer au maximum la sécurité des cyclistes.
Mais à quel prix ? C’est là que réside, comme à
l’accoutumée, la divergence. En résumé, on peut
dire que nul ne s’est opposé à la nécessité
de développer le réseau d’itinéraires cyclables,
d’améliorer l’entretien, et de prévoir des campagnes d’information
et de sensibilisation. Par contre, sans que cela constitue une surprise,
certains ont joint leur réticence à celle de l’envoyé
du TCS en ce qui concerne les limitations de vitesse des automobilistes
et la sanction de leurs abus en matière de parcage sur les bandes
cyclables, alors que d’autres soutenaient ces mesures. Il faut cependant
relever, et cela est important, que nul n’a refusé le renvoi
de cette pétition au Conseil d’Etat.
La commission vous recommande donc, Mesdames et Messieurs les députés,
par 7 voix pour (2 AdG, 3 S, 2 Ve) et 6 abstentions (1 DC, 2 R, 3 L)
de renvoyer cette pétition au Conseil d’Etat.
Le
texte de la pétition (1327) pour la sécurité des cyclistes
à Genève
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